Villages et paysages de Provence

Avec ses 60 km de long et ses 1125 m d’altitude, la montagne du Luberon est un balcon sur la Méditerranée. Le vert sombre des pins domine sur le versant nord, tandis que le romarin et le thym parfument la garrigue sur le versant sud.

Pour comprendre ce morceau de Provence, peut-être nous faut-il relire Pagnol et Henri Bosco. Mais auparavant une question se pose : doit-on dire Luberon ou Lubéron ? Les gens du pays accentuent fièrement le « e »…Alors , si vous ne voulez pas faire trop touriste, allez-y pour le Luberon ( et prononcez « é »).

Cette montagne jeune dessine la forme d’un croissant, épousé sur son versant sud par la Durance. le massif paraît modeste, environ 60 km d’est en ouest, du plateau de Valensole à la vallée de Cavaillon, mais il réserve des surprises. Son sommet, le Mourre-Nègre, à 1 125 m d’altitude, tendu et arrondi comme un sein de nourrice, porte des pâturages blonds  vers lesquels montent encore les derniers transhumants. La combe de Lourmarin, sinueuse et sauvage, sépare le Grand du Petiti Luberon.

Le Luberon présente deux visages. D’un côté, le versant nord, qui descend sur la vallée du Calavon, expose des pentes vert sombre couvertes de chênes à feuilles caduques, de pins sylvestres, de buis odorants, d’érables. De l’autre, le versant sud, où règne la garrigue, moins dense, parfumée de thym et de romarin, parsemée de pins d’Alep, de chênes kermès, aux feuilles vernissées et persistantes et de cades, ces genévriers aux fruits rouges.

Sur tout son pourtour, le Luberon porte des villages perchés sur ses premiers contreforts. En pays d’Aigues, se trouve La Tour-d’Aigues et son merveilleux château Renaissance, brûlé en 1792, dont il ne reste plus que la façade fantomatique. À Ansouis, le château, bien de la famille Sabran-Pontevès depuis le Moyen Âge, a dignement traversé les vicissitudes de l’histoire. À l’origine forteresse, il est devenu une belle habitation de maître et se visite.

Mais l’histoire du Luberon est aussi faite de sang et de larmes, comme en témoignent les vestiges des villages vaudois, implacablement détruits par le baron Maynier d’Oppède, au XVIe siècle. Le nid d’aigle de ce pourfendeur d’hérétiques, le château d’Oppède-le-Vieux, dresse ses ruines à l’aplomb d’un éperon rocheux résolument imprenable.

En remontant à la forêt de cèdres du Petit Luberon, au-dessus de Bonnieux, une construction insolite éveille la curiosité : une tour baroque du XIXe siècle. Elle fut édifiée par un original qui voulait la faire assez haute pour pouvoir contempler la mer. Il mourut avant d’en achever la construction. L’anecdote aurait pu inspirer Giono ou Daudet… Depuis le sommet de la montagne, toute la Provence est à vos pieds.

À visiter

  • L’abbaye de Sénanque : c’est en juillet, quand la lavande est en fleur, qu’il faut aller surprendre l’abbaye de Sénanque, nichée dans son vallon, près de Gordes. Comme ses sœurs cisterciennes de Provence, elle se caractérise par son dépouillement. Les moines ont réinvesti les lieux mais l’abbaye reste ouverte aux visites.
  • La route historique des Vaudois, rappel d’un protestantisme rigoureux, offre un itinéraire qui fait tout le tour du Luberon. On peut , également, n’en parcourir que quelques endroits. Dans le village de Mérindol, s’élève le Mémorial des Vaudois.

À goûter

  • Un impératif : se rendre que un marché, à Apt, Cavaillon, l’Isle-sur-Sorgues ou Carpentras. Pour la beauté et la saveur des fruits et des légumes du Vaucluse. Mais aussi pour les fromages de chèvre, l’huile d’olive…

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