Parc Loire-Anjou-Touraine : Villaines-les-Rochers, village de vanniers

Créé en 1996 , c’est le premier Parc nature ligérien, un adjectif qui signifie son appartenance à la Loire. La lumière , si particulière, est l’un de ses points forts, tout comme ses villages de vanniers qui fleurissent au bord du fleuve.

Si vous survolez le Parc Loire-Anjou-Touraine, vous ne verrez peut-être pas ses limites, mais vous remarquerez son armature, formée par la Loire et ses affluents, la Vienne et l’Indre.

Imaginez un large fleuve aux berges floues envahies par les saules, frênes et les aulnes. Imaginez un ciel immense où courent les nuages imprimant sur le sol des vagues d’ombre et de lumière. Imaginez cette lumière douce se reflétant à l’infini sur l’eau, les pierres blanches et l’ardoise bleue. Vous êtes à la confluence de la Loire et de la Vienne au-dessus de Candes-Saint-Martin.

Le fleuve reste sauvage, mais, autour, la présence humaine laisse depuis des siècles, son empreinte. Dans la vallée,les marais, ont çà et là, disparu, faisant place à un bocage avec des prairies grasses entourées d’une double haie de frênes têtards.

A Chinon , quand vous longez la Vienne, on ne vous dit pas : » Il fait beau aujourd’hui. », mais : « Vous avez vu, elle a baissé ». Car ici, la vie est rythmée par les caprices du fleuve.

Comme la marée gouverne les activités des marins, le niveau du fleuve transforme celle des riverains. D’un jour à l’autre, une route peut être coupée, un quai , envahi par les eaux, sans que cela fasse plus de dégâts.

Quittez Tours, écartez-vous de la voie rapide qui mène à Chinon et vous verrez alors le paysage , jusqu’alors d’une grande banalité, s’épanouir. A 5 km d’Azay-le-Rideau, dans un vallon tranquille ponctué de faux acacias, s’étend, le long de deux petits cours d’eau formant un immense Y, un village troglodyte: Villaines-les-Rochers.

Telle un meule de gruyère, sur les coteaux calcaires abrupts de tuffeau de Touraine sont creusés de centaines de caves. Beaucoup ne servent plus aujourd’hui que d’atelier, de cave à vin, d’entrepôt ou de poulailler : rares sont celles qui sont toujours habitées. Il s’agit souvent d’une simple excavation dans le rocher avec une façade maçonnée et percée d’une fenêtre et d’une porte.

Mais l’originalité de ce village ne réside pas seulement dans cet habitat souterrain qui est présent dans de nombreux villages de Touraine. A une époque où la sauvegarde de l’emploi est une priorité nationale, Villaines-les-Rochers arrive à maintenir une activité authentique et productive. En effet, 65 vanniers regroupé dans la plus vieille coopérative agricole de France assurent le tiers de notre production en vannerie ! La plupart sont aussi des osiériculteurs et produisent eux-mêmes leur matière première : l’osier.

A 3 km du village, au bord de l’Indre, entre deux peupleraies, vous pourrez voir leurs curieuses plantations. L’osier vient d’un saule qui ne ressemble en rien à ceux qui ornent de leur forme pleureuse, les pelouses de nos parcs. Ces saules, domestiqués, conduits pour produire de l’osier, n’ont pas de tronc. Ce sont de simples souches enfoncées dans le sol, d’où jaillissent chaque année de longs scions souples et robustes. L’osier trouve dans ces terres alluviales les conditions idéales de sa croissance : fertilité et humidité.

L’habitat troglodyte comme à Villaines-les-Rochers se rencontrent dans tous les coteaux de la Loire et des vallées adjacentes. Mais , plus à l’ouest, dans le Sud saumurois, il existe un troglodytisme dit de plaine, dû, cette fois, à l’extraction du falun.

D’immenses caves sont encore utilisées pour la conservation du vin ou la culture des champignons. Ces habitats , contrairement à ce que l’on croit souvent, n’étaient pas à l’origine assignés aux classes sociales défavorisées. Au XVIIIème siècle, plus de la moitié de la population de la région vivait dans les caves. Des populations bourgeoises, aristocratiques et ecclésiastiques y avaient leur place. Ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que cette vie souterraine et leurs habitants furent dénigrés. De nos jours, plusieurs associations restaurent ces caves et aident à la conservation du deuxième visage de la région, plus secret que souterrain.

En dehors des circuits classiques

En dehors des circuits très fréquentés de châteaux de la Loire, vous pouvez découvrir d’autres destinations :

  • De nombreux villages de charme entre Candes-Saint-Martin et Montsoreau.
  • Visiter les loges de vignes , bâties en pierre au bord des parcelles des vignobles tourangeaux ; formées de deux petites pièces contiguës, elles assuraient un abri au vigneron et à son cheval.
  • Les boules de fort, jeu typiquement angevin, où les boules de bois ne sont pas rondes. Dans des sociétés masculines et très fermées, les joueurs lancent ces boules sur une longue piste légèrement incurvée.
  • Le Parc zoologique situé à Doué-la-Fontaine , où d’anciennes carrières troglodytiques ont été mises à profit pour accueillir des espèces animales rares.

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